author Publié par incwo Wed, 02 Jul 2014 08:34:00 GMT

Nous avons interviewé simplon.co il y a tout juste un an, lors de leur lancement. Un an après, c'est un succès, et le projet se développe. 

Bonjour, un an après le lancement de simplon.co, quel bilan tirez-vous ?

Quelle année incroyable... La semaine dernière nous avons été distingué par François Hollande dans le cadre d'un programme de promotion d'initiatives d'innovation sociale exemplaires qui s'appelle "La France S'engage", une reconnaissance institutionnelle qui marquait l'aboutissement d'une année difficile car nous nous étions lancés uniquement sur fonds propres et avons fait sortir de terre un concept complètement inédit dont le business modèle hybride était assez incertain. Mais nous avons réussi, les soutiens, y compris politiques et médiatiques, que le projet a généré nous ont aidé à attirer des grands partenaires comme Orange, la Région Ile de France, SAP et Allianz, et notre capacité d'autofinancement s'est améliorée au fur et à mesure que nous vendions des prestations de formation, d'innovation (prototypage, hackathons) et de production afin de maintenir la formation de 6 mois pour devenir développeur gratuite pour les personnes défavorisées que nous visons prioritairement. De nombreux prix (Echappée Volée, Creenso, Grand Prix de l'Innovation de la Ville de Paris mention innovation sociale, LinkedIn Innovation Grant) sont venu récompenser nos efforts, et le soutien d'Axelle Lemaire a également été déterminant. Et c'est un scoop non encore communiqué mais nous faisons le closing d'une levée de fonds avec un fonds d'investissement spécialisé en impact investing pour changer d'échelle.

 


- Quels ont été les éléments clés du succès pour vous ?

La ténacité car tout le monde nous disait que notre idée était géniale mais qu'elle n'avait aucun fondement économique, ou beaucoup disaient qu'ils allaient nous aider mais ne le faisait pas au final, donc il a fallu se débrouiller seuls, et les soutiens du début ont été précieux, très précieux. L'autre point déterminant c'est la communication car c'est mon métier d'origine et j'ai fait jouer à plein les leviers que cela permet pour nous faire connaitre et valoriser notre originalité et ça a marché : en juin de l'année dernière nous avions eu une pleine page dans Le Parisien qui nous avaient lancés médiatiquement, un an après nous avons eu rien qu'en juin 3 articles dans Le Parisien et un passage au JT de TF1 à 20h. Et enfin, je dirais que notre transparence, notre honnêteté et la visibilité constante que nous avons donné à nos soutiens, followers, fans Facebook, abonnés newsletter sur ce qui se passait pour nous, quels étaient nos besoins et nos objectifs a permis d'avancer plus vite et d'aller plus loin.
 
Simplon essaime avec l’ouverture d’antennes, sur quel modèle ?

Là aussi nous avons eu les pires difficultés à imposer notre vision, y compris à nos investisseurs : nous n'avons pas de modèle pré-établi pour essaimer et nous n'en aurons pas. Simplon.co n'est pas une franchise, c'est une mayonnaise, et une mayonnaise ne prend que si on y met les bons ingrédients, et ils sont forcément "locaux", et qu'on y met un tour de main, un coup de poignet spécifiques à chaque implantation. Pour l'instant en plus de Montreuil (93), nous avons essaimé à Villeneuve la Garenne (92), à Cluj en Roumanie et dans le Perche (28) et à chaque fois c'est un modèle différent de financement, de structuration juridique et un référentiel de formation et une offre de service différenciés. Le seul point commun c'est que dans toutes les implantations, c'est une demande locale qui a été formulé par l'écosystème ou un acteur, et que la cheville ouvrière de l'essaimage, côté chef de projet ou côté formateur, est un ou une Simplonien(ne)s formé(e)s à Montreuil lors de la première promotion : Roxana en Roumanie, Rodolphe à Villeneuve, Emilien dans le Perche... C'est ça notre modèle, essaimer avec notre communauté, ensuite on s'adapte. Des projets vont voir le jour à la rentrée ou tout début 2015 on l'espère à Lille, Bamako, Marseille, Tunis et dans des villes rurales...
 
Vous lancez une offre de formation à distance inédite ?

Oui c'est quelque chose dont nous sommes très fiers car on y a beaucoup réfléchi et on pense que c'est véritablement innovant, et surtout efficace pour ceux qui vont la suivre dès la rentrée. Nous voulions quelque chose de puissant pédagogiquement pour les apprenants et nous voulions également que cela vienne renforcer notre business modèle sans que cela soit hors de prix pour les personnes car l'idée c'est d'augmenter notre impact. Enfin nous avions la double expérience que d'une part les Mooc ne sont pas la solution idéale pour tout, et pourtant, autre scoop, nous en sortirons deux à la rentrée sur deux plateformes de premier plan (SOLERNI d'Orange et Open Class Rooms l'ex Site du Zéro), et d'autre part nous savons maintenant que la meilleure manière d'apprendre à programmer, c'est de transmettre ses connaissances au moment où on les acquiert et nous l'avons constaté à de multiples reprises cette année quand on a mis nos élèves en situation d'animateurs d'ateliers pour les enfants ou de formateurs de créateurs d'entreprise, d'étudiants d'HEC... C'est dans ce contexte que l'idée à fait tilt : Yannick le responsable de la formation longue chez nous a dit qu'on pourrait relier la formation physique qui se déroule à Montreuil en l'articulant avec celle qui se dérouleraient en ligne, en multipliant les interactions entre les apprenants en présentiel, et ceux qui sont à distance, que ça pourrait faire partie intégrante de la pédagogie : restituer ce qu'on a appris et aider les autres, c'est la meilleure manière d'apprendre. C'est comme ça que nous sommes arrivés à simplon.co/foad
 
Vous avez fait beaucoup en un an déjà, où serez-vous dans un an ?

J'espère qu'on sera encore là ;-) qu'on aura stabilisé notre modèle, qu'on aura changé d'échelle... Que tous les Simplonien(ne)s du monde, qu'ils soient en formation dans nos centres ou sur Internet, travailleront à des applications qui ont du sens, qui crééent de la valeur au lieu d'en capturer, et que les startups qui seront sortis des têtes et des mains de nos élèves auront cartonné. Je fais également le souhait, et on y travaille depuis 1 an à la fois pratiquement puisqu'on a formé plus de 500 enfants à la programmation via nos ateliers Kids Coding Club et théoriquement car nous venons de publier "Lire, écrire, compter, coder" chez FYP, que la programmation sera institutionnalisée dans les temps périscolaires et scolaires pour tous les enfants du primaire au lycée. Plus personnellement, j'espère que j'aurais plus de temps pour m'occuper de mes 5 enfants, de ma femme et de nos projets humanitaires que Simplon.co m'a un peu trop fait perdre de vue.