author Publié par incwo Thu, 16 Nov 2006 12:21:01 GMT

Aujourd'hui nous vous proposons un article de Dharmesh Shah, paru sur OnStartups.com, que nous avons traduit et reproduisons ici avec la permission de l'auteur.

"Quand on parle des startups, on évoque souvent les forces du marché, la compétition, le design du produit, et une série d'autres éléments que les fondateurs pensent devoir comprendre et "bien faire" pour réussir. Alors que tous ces éléments sont vrais (tous ces points sont intéressants et importants), il me semble que plus de startups meurent de suicide qu'à cause de forces externes.

Bien sur, un suicide de startup n'est pas soudain ni immédiat, mais du point de vue de la société c'est tout aussi fatal, cela prend juste un certain temps.

Voici les principales approches que j'ai référencées pour l'auto-termination des startups. Certaines sont lentes, d'autres rapides. Si vous vous retrouvez dans l'une de ces approches, je suggère que vous vous posiez un moment, et que vous vous demandiez : pourquoi est-ce que je fais cela ? Puis-je le controler ? Quel est le résultat auquel je souhaite vraiment arriver ?

1. La mort avant la vie
Le principe est que le fondateur est "pret" ou non pour lancer un business. En essence, la startup est "réelle" (mais elle n'existe que dans l'esprit du fondateur). A ce point, le fondateur va surement organiser des brainstorms. Il va proposer des idées, les partager avec les gens de confiance et qu'il respecte (et parfois même avec des gens qu'il ne respecte pas) pour essayer de savoir ce qui pourrait marcher. Le but est de trouver la Vraie Bonne Idée qui, lorsqu'elle arrive au cerveau du fondateur, deviendra son rayon de lumière qui le guidera, ainsi que la future équipe de direction, à travers les difficultés de startup-land. Beaucoup de fondateurs éliminent leur startup par la recherche de la Vraie Bonne Idée. Indice: il y a très peu de cas où le fondateur trouve la Vraie Bonne Idée, et même si il la trouvait, il est très vraisemblable qu'elle lui serait déconseillée par ses amis, familles et collègues.

2. La mort par isolation
Supposons que le fondateur ait choisi une idée. L'une des façons les plus fiables pour auto-terminer une startup (cette méthode prend un peu plus de temps), est de garder l'idée pour vous pendant très longtemps, en pensant que vous devez rester en mode "discret", pour que personne ne vole l'idée. L'idée reste dans le cerveau du fondateur. Peu de ressources sont appliquées à cette idée, et elle n'est jamais vraiment mise sous la lumière pour voir si elle peut résister à l'analyse. Enfin, lorsqu'on force l'idée à sortir, il peut apparaitre évident qu'elle n'a que peu de chances de marcher.

3. La mort par désaccord entre fondateurs
Si le fondateur est éveillé, il essaiera assez tôt de mettre en place une équipe de confondateurs pour l'accompagner dans le lancement du business. C'est là que cela se complique. Les questions entre les fondateurs sont très importantes. Tout ce qui concerne la façon dont vous allez répartir les parts, qui va faire quoi, qui prendra quel titre, etc. devra être discuté. La seule chose pire qu'être en désaccord sur ces points c'est ne pas être en désaccord car vous n'en n'avez pas encore parlé.

4. La mort par inaction
Quand je dis "inaction", ce que je veux vraiment dire c'est "ne rien faire qui crée de la valeur pour les clients". Je suis constamment épaté par le nombre de solutions créatives les fondateurs peuvent trouver pour faire des choses qui leur donnent l'illusion de faire avancer leur startup, mais qui en réalité n'ont aucun lien avec la création de valeur pour le client. Faisons ce cool site internet. Et nos cartes de visite ? Et si on écrivait un business plan de 120 pages ? Bien sur, il faut travailler sur l'analyse de concurrence pour être sûr de proposer le bon produit. Ne vous méprenez pas sur mes paroles, tout cela est important, mais tout est laissé loin derrière par l'acte simple de créer de la valeur pour le client. Si vous ne savez pas comment créer de la valeur : DEMANDEZ AU CLIENT ! Tellement de startups se diluent dans la croyance que toutes les activités autour de la stratégie, du planning, du marketing et de la "préparation du lancement" (oui, j'ai déjà entendu ça, avant même que le développement du produit n'ait démarré) sont les activités qui vont réellement leur assurer le succès. Wow, je monte dans les tours sur ce point... Je vais me faire une tasse de café et regarder à l'extérieur par la fenêtre pour me calmer. ... Ok, me revoila.

5. La mort par détermination
J'aurais du l'appeler "la mort par entêtement", mais j'aime le fait que "mort par détermination" ait l'air paradoxal car nous considérons en général qu'être déterminé est une bonne chose. Pour être plus clair, par "détermination", j'entends ici la détermination de faire de votre idée originale un succès. Vous avez lu que beaucoup de startups s'arrêtent parce qu'elles ont abandonné leur idée trop tôt, et vous n'avez pas envie que cela vous arrive, certainement pas! Voici un indice: la plupart des startups qui réussissent font finalement quelquechose qui est différent de leur idée originale. La détermination mal dirigée pourra certainement vous empêcher de construire le business que vous pourriez avoir construit. Entre entêtement abusif et maintenance du cap, l'arbitrage peut être délicat (personne n'a dit que lancer une société n'était simple)

Il y a bien sur bien d'autres raisons qui peuvent faire capoter une startup; La raison pour laquelle j'ai sélectionné ces cinq points c'est qu'ils sont tous sous le contrôle direct du fondateur. Nous n'avons pas parlé de la sélection de l'industrie, de compétition, ou autre. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais à mon avis il y a plus de sociétés qui s'arrêtent pour l'une des raisons ci-dessus que pour des points comme "notre pricing était mauvais". Qu'en pensez-vous ? Que voyez-vous comme autres méthodes d'auto-termination des startups ? J'en ai peut-être oubliées certaines qui sont peut-être même plus efficaces."